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L'intelligence artificielle face au coronavirus

L'intelligence artificielle face au coronavirus

Par G.H.

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6 mai 2020

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fren

L'intelligence artificielle pourrait-elle nous aider à lutter contre la pandémie de coronavirus ? Forecasting.ai a dressé une liste non exhaustive des champs d'application de l'IA sur le Covid-19.


Cela prête à débat ! Certains disent qu'elle n'a et n'aura strictement aucune utilité ou, a minima, toujours un train de retard sur la pandémie qui touche le monde avec le coronavirus. Pourtant, il n'est pas un jour sans que de nouveaux articles sur l'IA et le coronavirus soient publiés. Sans prendre parti, Forecasting.ai a donc décidé de rassembler le maximum d'informations via les publications parues dans la presse pour tenter de voir de quelle manière et dans quel domaine particulier l'intelligence artificielle pourrait apporter une véritable valeur ajoutée à l'être humain dans le combat qui l'oppose au Covid-19. Et son champ d'application est ou sera plutôt large. Dans ce cadre et pour prolonger la lecture de cet article, on ne saurait que trop vous conseiller de jeter un oeil sur la publication parue sur le site Internet du Conseil de l'Europe baptisée IA et lutte contre le coronavirus Covid-19 et éditable en cinq langues.

Aider le personnel soignant

La contagiosité du coronavirus étant reconnue et très forte, l'intelligence artificielle peut d'abord permettre de soulager le personnel soignant en première ligne face aux malades. C'est concrètement le cas aux Etats-Unis et au Brigham and Women's Hospital de Boston pour ne citer que cet exemple. Là, le robot-chien Spot créé par Boston Dynamics a pris le relais de certains médecins pour s'approcher des patients et réaliser une première consultation sans prendre le risque d'une potentielle contamination. Le robot-chien est équipé d'un iPad et d'une radio pour permettre la communication entre le personnel soignant et le malade. Sur le site officiel des créateurs de Spot, ces derniers précisent qu'il s'agit surtout d'une télé-consultation. Prochainement, ils espèrent pouvoir réaliser une inspection vitale à distance avec le contrôle de la température, celui de la fréquence respiratoire, du pouls et de la saturation en oxygène. A terme, Spot pourrait aussi être mis à disposition des équipes de nettoyage pour permettre la désinfection grâce à une lampe UV-C fixée sur son dos. Hôpitaux, tentes de réanimation et même stations de métro pourraient l'utiliser afin d'améliorer les conditions des personnels de santé et des travailleurs en général.


Prédire et prévenir les patients avec complications


Le 30 mars dernier, ce sont des chercheurs américains et chinois qui ont fait parler d'eux en annonçant avoir mis au point un outil utilisant l'intelligence artificielle pour prédire quelles victimes du coronavirus développeront des formes pulmonaires sévères. Dans une de ses parutions, futura-sciences.com indique que l'outil, un algorithme intelligent, aurait analysé les données de 53 patients dans deux hôpitaux de Wenzhou en Chine pour découvrir plusieurs indicateurs qui laisseraient à penser qu'un patient pourrait développer une forme grave du coronavirus. Il s'agirait en l'occurrence de changements dans le taux d'alanine aminotransférase, le taux d'hémoglobine et dans les signalements de douleurs. En associant ces indicateurs à d'autres facteurs, l'outil a permis de diagnostiquer un syndrome de détresse de respiratoire aiguë avec un pourcentage de réussite de 80%. Les avancées dans la recherche et la connaissance du coronavirus permettront sans doute d'améliorer ce taux de précision...

Aider au déconfinement avec du tracking


C'est en vogue par les temps qui courent histoire surtout d'éviter une deuxième vague dans tous les pays qui s'apprêtent à déconfiner en masse leur population. L'intelligence artificielle pour suivre l'épidémie de coronavirus à la trace. Si les applications de tracking ont leurs partisans et leurs réfractaires en raison de leur impact sur la vie privée et publique, sur les libertés individuelles et collectives, ils n'empêchent qu'elles peuvent permettre de disposer d'une cartographie précise de l’épidémie dans un pays, sur un continent ou dans le monde. Ces applications, comme StopCovid ou CovidIA en France, ne convainquent pas toutes les autorités à l'instar de la CNIL par exemple mais elles ont la capacité de retracer la progression géographique et temporelle de l'épidémie, grâce à un échantillon de tests réalisés sur la base du volontariat, et ainsi de détecter et prévenir toutes les personnes qui ont été en relation avec un malade ou un cas suspect. Ces dernières recevront alors une alerte sur leur téléphone pour les prévenir du risque encouru et les alerter pour aller se faire tester, limiter leurs échanges sociaux ou se mettre en quarantaine en cas de symptômes avérés. Un bémol toutefois : le succès de ces applications reposent sur une adoption massive par la population (au moins 60%), ce qui n'est pas forcément le cas actuellement dans tous les états qui en utilisent déjà une comme Singapour (20% de la population l'a téléchargée). Rappelons tout de même que le Covid-19 a déjà contaminé plus de 3,5 millions de personnes à travers le monde, 258 000 personnes n’ont pas survécu. En France, il y a plus de 170 000 cas confirmés et plus de 25 000 décès à déplorer à l'heure où nous écrivons ces lignes.


Identifier un traitement contre le Covid-19


C'était en janvier dernier et le mensuel américain Wired s'en était fait lui l'écho le 17 avril 2020. Une autre piste du champ d'application de l'intelligence artificielle sur le coronavirus, celle de permettre d'identifier des traitements. Le magazine français Sciences et Nature aborde aussi le sujet dans une publication en date du 26 mars dernier. Cofondateur de Flare Capital Partners, qui investit notamment dans les technologies de santé, Michael Greeley y explique notamment : "L'IA permet de mener des simulations et de comprendre les évolutions biologiques comme jamais auparavant". Et de préciser : "On prend des millions d'échantillons et la machine identifie une poignée de molécules susceptibles de fonctionner pour un vaccin, par exemple". Aux Etats-Unis, Wired rapporte lui l'histoire de Peter Richardson, un pharmacologue britannique, qui aurait trouvé un traitement après que les équipes de la startup londonienne BenevolentAI ont développé une intelligence artificielle permettant d'effectuer des recherches sur les stéroïdes en combinant les données de l'industrie phamaceutique et les informations essentielles des documents de recherche scientifique. Et celle-ci aurait donc découvert le Baricitinib, un médicament contre l'arthrite produit par les laboratoires Eli Lilly et qui serait efficace face au coronavirus. Depuis le laboratoire en question a lancé des essais cliniques pour mesurer son efficacité et son innocuité. Les résultats n'ont pas encore été dévoilés mais ces informations montrent que l'IA pourrait jouer un rôle central dans la recherche de médicaments.

Faciliter la découverte d'un vaccin contre le coronavirus


Encore un champ d'application pour l'IA face au coronavirus ! En janvier dernier, DeepMind lançait en grandes pompes son outil de génération de modélisation 3D de protéines répondant au nom d'AlphaFold avec une publication dans la revue scientifique Nature. Dans le cadre de la recherche d'un vaccin que l'on n'annonce pas, au mieux, avant début 2021, l'entreprise britannique d'intelligence artificielle acquise par Google en 2014 a mis son outil au service de tous les chercheurs en licence libre Creative Commons via un lien de téléchargement présent sur la page d'accueil du projet. La société présente d'ailleurs déjà des résultats quand bien même certains produits n'ont pas encore été testés en laboratoire. Les modélisations du coronavirus peuvent cependant aider à en comprendre son fonctionnement et ainsi gagner du temps dans l'élaboration de ce vaccin tant attendu.

L'intelligence artificielle pourrait être utilisée dans la recherche d'un vaccin contre le coronavirus.

Trier les patients avant consultation


Allocovid, vous connaissez ? Mis en place depuis le 27 avril dernier en France, cette intelligence artificielle devrait permettre d'identifier plus facilement tous les patients présentant des symptômes du Covid-19 et de les diriger au mieux pour leur convalescence. En fonction des symptômes, qu'ils soient mineurs, plus prononcés ou présentant des signes de gravité, de leur âge, de leur poids ou de leur taille, ce robot sera capable de déterminer si le patient doit simplement resté confiné, consulter son médecin généraliste ou appeler les urgences. Ce bot vocal, joignable au 0-806-800-540 dans l'Hexagone, fera à n'en pas douter gagner du temps aux personnels soignants dans le tri des malades. Il est le fruit d'une étroite collaboration entre l'Inserm, l'Université de Paris, la filiale digitale de la SNCF e-voyageurs et la start-up Allo Media, elle-même spécialisée dans la reconnaissance vocale.

Parcourir les articles de recherche sur le(s) coronavirus


Ce ne sont pas les premiers à avoir tenté de percer le mystère du coronavirus grâce à l'intelligence artificielle mais Google a récemment publié un article sur son blog pour annoncer le lancement de son outil COVID-19 Research Explorer afin d'aider tous les chercheurs dans leur quête d'informations. Depuis le 4 mai dernier, la firme de Mountain View propose donc une interface de recherche sémantique pour parcourir plus de 50 000 revues et pré-impressions sur le sujet. Le nombre d'articles étant, depuis le début de la pandémie, conséquent avec chaque jour de nouvelles, l'IA peut permettre aux chercheurs de trouver beaucoup plus rapidement des réponses à leurs interrogations. Et ainsi de faciliter par exemple la recherche de nouveaux symptômes ou de nouveaux traitements.

L'Intelligence Artificielle peut permettre de détecter rapidement les personnes atteintes par le coronavirus.

Prendre la température de chaque salarié ou voyageur


Le déconfinement approchant, chaque entreprise devra mettre en place une série de mesures pour assurer la sécurité de ses salariés et de ses visiteurs. L'exemple pourrait là encore venir de Chine et de Pékin plus particulièrement où certaines entreprises utilisent déjà des technologies de reconnaissance faciale et des capteurs infrarouges pour contrôler les individus à grande échelle. Par exemple, la gare Qinghe à Pékin utilise déjà un système développé par Baidu pour photographier automatiquement chaque visage des passagers et calculer leur température. Cela évite forcément les grandes attentes devant un portique ou un agent de sécurité pour une prise de température individuelle. En France, certaines entreprises ont déjà installé ce type de dispositif avec des caméras thermiques à leur entrée. En Chine, toutes les personnes qui sont soumises au dispositif et dont la température dépasse 37°3 passent alors par un second contrôle manuel. De quoi rassurer les populations avant de reprendre le travail et les transports en commun...